Le 31 décembre de chaque année, au Québec, la tradition est de nous rassembler devant la télé pour les émissions de fin d’année diffusées à Radio-Canada. Lors de l’émission “En direct de l’univers”, l’animatrice France Beaudoin a demandé à Louise Latraverse : “De quoi la COVID ne viendra jamais à bout?” Sa réponse fut spontanée: “L’amour, Crisse!”Certains chrétiens ont été choqués qu’un mot aussi sacré que le nom de notre Seigneur Jésus Christ soit ainsi profané. Mais il m’a semblé plutôt un cri du coeur, un appel à l’amour en personne. Le théologien blogueur Samuel Plante partage aussi mon avis. Voici ce qu’il a dit dans une vidéo publiée sur sa chaîne Youtube.
Transcription de la vidéo
De quoi la COVID ne viendra pas à boutte? “De l’amour, crisse!”, a répondu spontanément la comédienne Louise Latraverse à l’émission “En direct de l’univers”, le 31 décembre dernier. C’est donc bien beau! C’est donc bien vrai! S’il y a une chose qui semble ne jamais être éliminée, jamais vaincue par les multiples virus de ce monde, c’est bien l’amour. Cinq lettres qui valent cher, à cause de la réalité qui a derrière: affection, action, passion, dépassement, renoncement, engagement. Autant de mots pour décrire la beauté de ce que c’est.Si j’ajoutais quelque chose, ce serait moins beau et moins poétique que ce que Sam a dit dans cette vidéo. Je vous encourage, en tous les cas, à vous abonner à sa page Facebook et à sa chaîne YouTube pour lui montrer votre appréciation. Pour ma part, je me contenterai, au cours des prochains jours et prochaines semaines, de vous proposer des items sur le thème de l’amour chrétien. Vous pourrez, vous aussi, donner un sens plus vrai, plus profond, à cette expression québécoise qui fera, je l’espère, le tour de la francophonie.L’amour est essentiel, éternel
Et non, ça ne peut pas être une création de l’esprit, parce qu’il est trop vrai, il est trop là. On le voit, on le vit, on le boit, on l’envie : sublime réalité de liberté suprême. La possibilité d’aimer et d’être aimé. L’amour est essentiel. Il est éternel. On a beau l’oublier, le mépriser, l’enterrer, il va finir par ressusciter. Guerres, désastres, méchanceté, silence, indifférence, apparences ; l’amour finira par trouver une brèche. Une seule flammèche pour allumer un feu de vie. Feu de joie chez n’importe qui le reçoit. L’amour nous fouette, nous touche, nous percute, nous rencontre personnellement. On dirait même, parfois, qu’il nous poursuit individuellement.Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien
L’amour change tout. J’aurais beau être le plus fort, le plus riche, le plus beau du monde, si je n’ai pas l’amour, je suis une cymbale qui résonne : je fais bien du bruit [mais] sans aucune mélodie. J’aurais beau percer tous les mystères de l’univers, me sacrifier corps et âme par terre, sans l’amour, je ne suis rien. Rien du tout. C’est l’amour qui change tout, disait saint Augustin. Parce que la justice, sans amour, nous rend durs. La vérité, sans amour, nous rend critiques. L’intelligence sans amour nous rend rusés, sournois. La gentillesse, sans amour, nous rend hypocrites. L’ordre, sans amour, nous donne un esprit étroit. L’honneur, sans amour, nous rend orgueilleux. La possession, sans amour, nous rend avares. La foi, sans amour, nous rend fanatiques. La vie sans amour est sans valeur.CRISSE: COMME UN CRI DU COEUR
Il me semble que l’amour est bien trop grand, bien trop puissant, pour être collé à un aussi petit juron : “CRISSE”! On voit la soif, la franchise derrière cette expression. On sent la bonne intention et l’émotion, mais aussi l’absence de définition et le flou d’une culture déchristianisée qui cherche à s’autodéterminer. “CRISSE”. On perçoit le manque de sens, l’obligation de combler avec une note intense. “CRISSE”. Comme un cri du coeur, comme des rires qui pleurent. Christ. L’amour est sacré : ça prendrait mieux qu’un sacre pour l’accompagner, un meilleur CRISSE pour le représenter. “CRISSE”! L’amour, oui, mais pourquoi? L’amour, oui, mais comment? L’amour, oui, mais pour qui? “CRISSE”! L’amour de soi mène au désarroi. L’amour de l’amour est trop vide pour moi. L’amour des autres est trop souvent incomplet et l’amour des choses ne me rend pas complet. “CRISSE”! Y a-t-il quelqu’un qui va me dire “Where Is The Love”? Celui que je vois à la télé finit par goûter bizarre. Plus capable de Tinder, je veux plus qu’un soir. “CRISSE”! L’amour ne peut pas être juste une technique, un principe, une idée. C’est trop incarné. OK [c’est] une bonne valeur, mais qui c’est qui l’a inventé, CRISSE?L’AMOUR EST UNE PERSONNE
Ça prend plus qu’un gros mot ou un point d’exclamation ; ça prend un point d’origine et un gros nom. L’amour ne flotte pas dans les airs. Il est toujours relation. L’amour ne vient pas de quelque part, il vient de quelqu’un : CHRIST! CHRIST! Oui : L’AMOUR CHRIST. Oui, l’amour a un nom : Christ. Sans lui, je te prêcherais une froide religion, un recueil de dictons. Mais à cause qu’il est de Dieu, que Dieu est amour et qu’il nous a aimés EN CHRIST, je t’annonce l’amour divin, l’amour sans fin, l’amour immérité, l’amour incarné. L’amour d’un Dieu qui nous a aimés de toute éternité, qui s’est offert pour être pardonnés au lieu d’être condamné. Jésus nous a aimés pour qu’on connaisse le vrai amour et qu’on vive de celui-ci. Raymond Lévesque avait raison : c’est de l’amour que l’être humain vit. J’aime comment l’apôtre Jean en parlait aussi : “Voici comment Dieu a manifesté son amour pour nous : il a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous ayons la vie par lui. Et voici en quoi consiste l’amour: ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés ; il a envoyé son Fils qui s’est offert en sacrifice pour le pardon de nos péchés. Très chers amis, si c’est ainsi que Dieu nous a aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres!” (1Jn 4, 9-11) Bref, l’amour, Christ!